Février 1978 : Naissance en France, dans une famille aux origines exotiques, ça parle espagnol, ça raconte des histoires lointaines. On se marre bien. Je grandis au fil de légendes qui m’attirent vers les passions de la littérature, du cinéma, de la musique : je suis persuadée que Georges Brassens et Yves Montand sont mes grands-pères, mon père est un aventurier qui se bat (entre autres) contre des requins, mes sœurs m’ont trouvé dans une poubelle, ma mère écrit des livres pour enfants dans lesquels je suis un personnage très très important.
Années 80-90 : Mon enfance et mon adolescence se résument au remplissage de listes dans des carnets, à la déco de ma chambre avec des reproductions d’œuvres d’art, aux allers-retours au poney-club, aux sorties, vacances et week-ends avec les copines et les copains, aux visites de musées, aux vacances en Uruguay où je ne comprends pas bien qui est qui mais où on mange, pleure d’émotions et rit vraiment bien, à l’enregistrement de cassettes audio avec mes musiques préférées, à regarder mes grandes sœurs grandir en essayant de m’incruster dans leurs soirées, à fabriquer des jeux grandeur nature dans notre maison avec ma petite sœur, je fabrique certains de mes vêtements sans trop savoir coudre, je prépare des repas (avec les fiches cuisine ELLE) sans trop savoir cuisiner, je gribouille des trucs sans trop savoir dessiner.
Juin 2002 : Je suis diplômée d’architecture, je me dis que je devrais être cinéaste, autrice ou dessinatrice de livres pour enfants, que je vais quand même travailler et puis on verra. Je démarre en œuvrant dans un musée où j’organise un festival de cinéma puis je me « range » et deviens « vraiment » architecte. Ça me plaît beaucoup.
Novembre 2004 puis novembre 2007 : Naissances de mes fils, Hector et Octave, deux beaux blonds aux yeux bleu-gris, et je n’en dirais pas plus parce qu’ils sont tout un roman. Je fais du violon dans une fanfare, le ukulélé est mon nouvel ami, je chante aussi.
2018 -2019 : Ça glisse vers le grand saut. J’ai besoin de changement, d’un autre futur. Mes valeurs prennent le dessus sur le train-train. Je me dis que tout est possible et que ça va être génial. J’accumule les nouvelles expériences (arts plastiques, cuisine, couture…) et on achète une maison avec mon compagnon. Gros gros projet, qui pourrait être LE lieu.
Ensuite : C’est joyeux, on boit un coup avec ma sœur Bea et sa belle-sœur Véro. On s’imagine dans un nouveau costume, une nouvelle peau, un avenir différent. Les mots c’est ensemble, quotidien, drôle, culture, oser, manger et boire, … Au départ c’est une blague, puis ça vire au « et pourquoi pas ? » alors on fait des réunions.
Aujourd’hui : On a rêvé, on est bien entourées et on construit. Les Filles du Viaduc sont nées et on est ravies.